Il est vrai que ça fait un bout de temps que la scène hip hop d’Uptown Manhattan n’a pas fait parler d’elle. Rappelons que dans les années 20, Harlem était La Mecque de la musique noire. Une popularité qui a progressivement diminué, tandis que ce quartier de New York tombait entre les mains des gangs et devenait l’un des plus célèbres ghettos des Etats-Unis.
Aujourd’hui le retour de la “Harlem Renaissance” s’accompagne également d’une résurgence de la scène rap. Devinez un peu qui est à la tête de ce mouvement visant à redorer le blason de Harlem et du hip hop ? The Diplomats, alias Cam’ron, Jimmy Jones, Freaky Zeeky et Juelz Santana. Avouons-le, 2002 a été l’année de Cameron “Cam’ron” Giles. Après avoir accepté une proposition de Dame Dash, son vieil ami et mentor natif de Harlem, et signé un contrat en solo avec l’un des plus gros labels de rap, Roc-A-Fella Records, Cam et ses Diplomats ont été à l’honneur sur les ondes et à la télévision tout au long de l’année.
a commencé avec la sortie du troisième album de Cam, une bombe intitulée Come Home With Me incluant “Oh Boy “, l’un des hits de l’été - basé sur un sample R&B accéléré produit par Just Blaze, dans lequel LeRon James, alias Juelz Santana, fait une apparition remarquée dans le deuxième couplet. Depuis, les Diplomats sévissent sur les ondes, tandis que leurs mix-tapes font des ravages avec un savant cocktail d’inédits et de freestyles, montrant à quel point ces types ne rechignent pas à la tâche. Mais les Diplomats ne se revendiquent pas pour autant comme un nouveau groupe de rap. “Nous sommes un mouvement”, souligne Jim Jones. “Nous ne voulons pas parler de groupe, parce que les groupes ont tendance à se séparer régulièrement.
Et nous ne sommes pas nouveaux non plus.” Le mouvement des Diplomats ne date effectivement pas d’hier. Cam, Jimmy et le dynamique Ezekiel Jiles, alias Freaky Zeeky, ont tous grandi ensemble dans le East Side de Harlem, tandis que Juelz, le plus jeune, les a rejoints il y a quatre ans. Peu après le succès de “Oh Boy”, Cam a vu se réaliser l’un de ses rêves les plus chers : un contrat d’enregistrement en solo sur Roc-A-Fella Records. Quelques mois plus tard, Diplomat Records est enfin officiellement créé. Grâce au deuxième single de Cam, “Hey Ma” bien classé dans les charts, Diplomat Records s’apprête à frapper un grand coup avec Cam et Jimmy qui se partagent la présidence et President Zeek et Jules en tant que vice-présidents.
Première sortie de Diplomat Records, Diplomatic Immunity propose “un cocktail de tous nos talents avec, parallèlement à nous quatre, la participation de la plupart des membres de la famille Dip Set comme Hell Rell”, explique Cam’ron. “Je crois que j’ai du flair pour dénicher le talent. Je pense être capable de sentir qui a le vent en poupe et qui a un bon flow. Ce qui est le cas de chacun d’entre nous, comme vous pourrez le constater dans ce nouvel album.” “Bout It Bout It” (remix), le premier single de Diplomatic Immunity, en est d’ailleurs la preuve. “Un jour à l’aéroport, je suis tombé sur Master P et comme j’ai toujours aimé “Bout It, Bout It”, je me suis dit que ça serait bien de reprendre ce morceau avec Jim et que Master P se joigne à nous”, explique Cam à propos du remix de ce standard de No Limit. Dans le deuxième single, intitulé “I’m Ready”, Cam, Jim et Juelz se partagent le micro avec brio pour interpréter ce titre qui est une sorte d’introduction à la puissance du Dip Set.
Fort des rimes habiles de Cam et de son tempérament battant ainsi que du charisme et du mordant de Jim, il semble évident que les leaders de Diplomats, accompagnés du jeune Juelz et de Zeek, toujours aussi extrême, disposent de tous les moyens nécessaires pour passer à la vitesse supérieure : le succès international. “J’ignore si les gens sont prêts, mais nous allons conquérir le monde”, déclare Jim en riant. Avec Diplomatic Immunity, les Diplomats montrent qu’ils disposent du plus redoutable arsenal de rimes sur New York à l’heure actuelle, mais aussi que quelques rappeurs créatifs et quelques beats efficaces ne suffisent pas à créer un mouvement. Pour cela il faut une armée de soldats de Harlem.
Les Diplomats n’ont à ce jour pas fait d’autres albums que Diplomatic Immunity, le reste étant considéré comme Mixtapes