Avec la sortie de leur second album No More Heroes (le second d’une trilogie conceptuelle pour Anti-/Epitaph), le quatuor hip hop Solillaquists of Sound (basé à Orlando) a accompli le rare exploit de créer une ?uvre innovante, ingénieuse, et enrichissante, dédiée à des amateurs de musique qui recherchent plus qu’une simple bande originale de leur vie quotidienne.
Depuis la sortie de As if we existed, SOS a fait plusieurs fois le tour des USA, devenant un groupe immanquable en live. En partageant la scène avec Sage Francis, Michael Franti et Spearhead, KRS One, Bad Brains, Ozomatli, El-P et Lyrics Born, le groupe a développé son public de fans, des adeptes inspirés par leur esthétique musicale toute droit sortie des sentiers battus. Au delà de ce succès qui puise ses sources dans l’approche holistique de leurs débuts, No More Heroes est le résultat complet de ce que l’on pouvait attendre du groupe.
Conduit par un son plus agressif, No More Heroes est le reflet de l’époque que nous vivons, propulsé par les rythmes prédominants et viscéraux de DiViNCi et les flow pressants de Swamburger, Alexandrah et Tonya Combs. Ici les Solillaquists présentent un retour fondamental aux bases, une appSuite
roche purifiée de leur talent, tout en restant attractifs et soigneux . Les moufles ont maintenant disparu. Primaires, énergiques et plus passionnées que jamais, ces nouveaux titres montrent un groupe au sommet de leur virtuosité.
Cette virtuosité est d’ailleurs démontrée tout au long de l’album. Avec un canevas musical mêlant hiphop, dubstep, prog-rock, afrobeat et folk musique, le son de No More Heroes est un foudroyant collage qui ne perd jamais son identité. Le rap malléable de Swamburger et les magnifiques harmonies vocales d’Alexandrah trouvent leur place dans ce terrain de jeu auditif composé de cordes, de cuivres, de synthés sinueux, et d’une batterie spasmodique, …
Mais creusez la surface des sons harmonieux et nervurés de la production de DiViNCi, et c’est alors simple de saisir la méthode du Cheval de Troie que le groupe a employé pour No More Heroes. Comme des pièces de ce grandiose album conceptuel (à une époque où de telles ambitions sont rares), ces titres tournent tous autour du thème du Héros; que ce soit la lamentable absence de grands héros dans notre passé (« Harriet Tubman », « The roots of Kinte », et « Bulletproof » inspirée de Martin Luther King Jr) ou encore le renoncement à l’idée d’une société dépendant uniquement de ses héros (« Marvel », « Heroes »), chaque titre défend l’idée de se prendre en main : un appel à devenir son propre héros.
Un sentiment provenant de l’idée collective selon laquelle « il ne faut jamais rechigner à donner en retour à la communauté ». Exemple concret : le tribute à J Dilla « Death of Muse », featuring J-Live, Chali 2na de Jurassic 5 et Maureen « Ma Dukes » Yancey (mère du défunt producteur), a été disponible en téléchargement fin 2008, avec 100% des recettes reversées directement à Madame Yancey, qui a été affaiblie à la fois par de lourds problèmes dans le sillage du décès de son fils.
De plus, d’autres projets sont en cours tels que le lancement du Solilla Center 4 Creative Kids, une école gratuite destinée à donner confiance aux jeunes grâce à la connaissance de toutes choses bonnes pour le corps et l’esprit.
Le rôle de pionniers fait que l’on peut se sentir perdu dans ce temps qui passe - négligé par ses contemporains pour être déniché seulement des années plus tard, puis reconnu pour sa contribution à la profession - les Solillaquists of Sound ont une chance de briser ce cycle.
Alors que le monde en général attend un personnage couronné pour remettre sur le droit chemin les travers de notre société, Solilla est là pour diffuser le lourd et clair message que dans l’époque où nous vivons, there can be No More Heroes.