On l’avait laissée au début de l’année 2005 sur une apparition divine aux Victoires de la musique, nommée dans la catégorie « Révélation Scène », en muse sauvage d’un Courrèges définitivement rock’n'roll et, surtout, sur la belle réussite d’un premier album J’aime pas l’amour (sorti en octobre 2003) qui s’était imposé sur la distance (plus de 50 000 exemplaires) et par la scène (150 concerts). Une jolie carte de visite qui validait un talent indéniable, une authentique personnalité et un enthousiasme hors du commun. Juliette, Philippe Prohom, Néry, Chet ou les Weepers Circus ne s’étaient donc pas mépris sur la valeur de la jeune fille lorsqu’ils avaient décidé de lui apporter leur concours quelques mois plus tôt. Olivia Ruiz Après avoir été regardée de manière incrédule sinon d’un peu haut, elle était parvenue à inverser les regards et ce, c’est le cas de le dire, les yeux dans les yeux. Il faut reconnaître que son premier album était un sacré pari. Réussir à marier Damia, les Pires et les Têtes Raides, la chanson réaliste, le folk et le rock, le tout dans un creuset punk catalan et en faisant admettre sa personnalité et une vraie autorité musicale n’étaSuite
it pas forcément garanti sur facture. C’est à ce tour de force auquel est pourtant parvenue Olivia Ruiz en quelques mois. Joli coup la Môme ! Dans la bagarre, on avait presque oublié que la catalane use ses boots sur toutes les scènes du sud depuis presque dix ans ! Olivia Ruiz Mais bref, pari tenté et donc pari réussi. Du coup, si derrière chaque artiste, il y a forcément une histoire, alors celle, encore toute fraîche d’Olivia Ruiz évoque immanquablement celle d’un ruisseau qui devient rivière. Question de tempérament et de caractère et la demoiselle a déjà montré dans le passé qu’elle ne manquait ni de l’un ni de l’autre. A chacun, donc, son interprétation du phénomène. Et voilà comment, du sud de la France, on échappe à une vie ordinaire, à une licence en communication, à des rêves inassouvis… Mais sans rien renier ! Au contraire, en revendiquant le maximum (pêle-mêle papa Didier, maman, les grands parents espagnols, l’adolescence difficile, le petit frère, la Catalogne, Tonton André, l’extraction populaire, Piaf et le rock’n'roll.). Olivia Ruiz Ceci étant réglé, il restait à Olivia Ruiz à envisager la suite. Elle s’appelle La femme chocolat, quatorze titres tendres et violents, poétiques et triviaux, rigolos et détachés, tous, sans exception, à l’image de leur interprète. Une Olivia déterminé plus que jamais, tenant les rênes de la production, organisant elle-même le casting des réalisateurs et des musiciens. Mais que l’on ne s’y trompe pas, si dans La femme chocolat, Olivia s’offre en dégustation, c’est bien pour que l’on succombe à son charme ; mais de perte de contrôle point ! Olivia Ruiz