« Happy Fiu » est le deuxième disque de Mareva Galanter. Après Ukuyéyé (sorti en 2006), déclaration passionnée aux sixties, album de covers de pop songs à la française qui l’aura menée pour une série de concerts en Russie, au Canada et au Japon. Cette première expérience lui donne envie d’apprendre le piano et la guitare pour s’accompagner sur scène, ainsi que d’envisager pour son deuxième album un univers tout aussi détonnant, mais dans une direction plus actuelle et personnelle.
Happy Fiu sera le disque du désir et des rendez-vous. D’emblée la démarche d’Happy Fiu est originale. Virage intime, retour à soi. Mareva souhaite un disque qui, à l’inverse du précédent, prend ce qu’elle est pour point de départ. Ainsi, la nuit, elle surfe sur Internet, écoute et contacte les artistes avec lesquels elle se trouve des affinités électriques directement via Myspace (c’est le cas de Mickaël Furnon de Mickey 3D qui lui écrit le titre : C’est demain ), assiste à de nombreux concerts, sollicite Rufus Wainwright (Suite
la chanson Serge et Jane) dont elle admire la voix et les choix artistiques, travaille avec Silvain Vanot, écrit un texte avec Jérôme Attal (Un jour je basculerai), Bertrand Louis lui envoie une chanson, et un soir, à Paris, elle craque totalement sur le jeu à la fois référencé et décomplexé de jeunes rockers anglais : les Little Barrie. Ainsi née l’idée de ce disque : Des chansons, pour la plupart composées et écrites par des français, et jouées par des anglais.
Un groupe anglais, Little Barrie. Imaginez maintenant que, pour enregistrer une douzaine de chansons, on enferme dans un studio anglais une égérie volontaire et de jeunes rockers aux têtes d’anges fous furieux de musique. Bonne humeur communicative, mélancolie aérienne, bataille de polochons où la voix de Mareva et les instruments débridés des Little Barrie remplacent avantageusement les oreillers déplumés et duveteux.
Au final, la voix de Mareva, agile à déborder de lumière ou à se briser subtilement, une voix qui gagne en douceur uniquement pour aller se poser au bord du gouffre (comme sur Miss you), est magnifiquement servie par les guitares tranchantes, les pianos brindilles, ou l’énergie explosive, épilep-ctrique, des Little Barrie. Au gang ainsi constitué, s’ajoute Martin Duffy, le clavier de Primal Scream, qui éclaire les titres de son jeu envoûtant et racé. Durant ces sessions anglaises, le groupe composera spécialement pour Mareva une chanson qui figure sur le disque : Rendez-vous. Par Jérôme Attal.
Jérôme Attal