Keane est de retour. Après avoir vendu au total plus de 8 millions d’exemplaires de Hopes And Fears (2004) et de Under The Iron Sea (2006) combinés, effectué des tournées des stades à guichets fermés, avoir reçu divers récompenses allant des Ivor Novellos aux BRIT awards, et obtenu une collection de hits incontestables comme Is It Any Wonder?, Everybody’s Changing, Crystal Ball et Somewhere Only We Know, l’un des groupes les plus aimés d’Angleterre est sur le point de nous surprendre et de nous enchanter à nouveau.
Estimant qu’il ne faut jamais refaire deux fois la même chose, Tom Chaplin, Tim Rice-Oxley et Richard Hughes reviennent avec Perfect Symmetry, une explosion en Technicolor de brillantes chansons pop et d’énergie pure et sans complexe; la joie contenue dans cet album s’entend dans chaque refrain porteur d’un message de vie et donnant envie de claquer des doigts. Aussi différent que l’était le premier album emmené par le piano, Hopes And Fears, devenu un classique, de son cousin plus sombre Under The Iron Sea, Perfect Symmetry voit Keane arriver au sommet de son art. Confirmant la position de Rice-Oxley Suite
comme l’un des meilleurs auteurs britanniques à être apparu au cours de cette décennie, ces onze chansons voient Keane oublier toute prudence et simplement laisser la musique les emmener où elle veut. Le résultat est un album audacieux et exaltant, aussi agréable à écouter qu’il a été à faire.
Keane
Mettant en commun une première fournée d’idées dans leur studio ‘The Barn’ du sud de l’Angleterre (un endroit qui leur a plusieurs fois servi de refuge ces dernières années), les membres de Keane ont ensuite levé le camp pour Paris à la mi-février, ayant réservé quelques jours de studio avec Jon Brion, le producteur non-conformiste. Puis ça a été un retour en Angleterre pour deux semaines avant de partir pour les studios Teldex à Berlin. Un assez long voyage… surtout en train. Le résultat est un disque énorme constitué de chansons se situant dans la tradition gaie-triste des groupes britanniques classiques remontant aux Beatles. Ou, comme le dit Hughes, “des chansons pas si gaies mais qui sonnent gaies.” De la pop music qui est tout ce qu’on veut, sauf jetable. Certains ont déjà détecté une influence Eighties dans certains passages de Perfect Symmetry. Si c’est le cas, d’après Keane, elle provient de l’esprit d’aventure de cette époque, de son effronterie et de sa Grande Pop, plutôt que d’une quelconque tentative de pastiche rétro.
Les mélodies accrocheuses, les grands refrains et les énormes ponts sont bien sûr la marque de fabrique de Keane, ce qui a fait que, par le passé, les paroles de Rice-Oxley n’ont peut-être parfois pas reçu l’attention qu’elles méritaient. Il y a peu de chances que ce soit le cas avec Perfect Symmetry, qui comprend ses textes les plus directs, sans équivoques et, oui, ses meilleurs à ce jour. Que ce soit sur Spiralling, inspiré par Pygmalion, sur l’attaque cinglante contre la gloire-pour-la-gloire qu’est Better Than This ou sur le titre donnant son nom à l’album, Perfect Symmetry, qui traite brillamment des distractions futiles de la race humaine (“Je pense que c’est peut-être la meilleure chanson que j’aie jamais écrite” dit Rice-Oxley), ici, les Grandes Idées ne sont jamais sacrifiées sur l’autel d’une super mélodie.
Voilà donc Keane en 2008: les méga concerts, l’énorme succès dans les charts et les grandes récompenses que nous connaissons déjà; maintenant voici l’album de leur carrière. Un grand monstre pop, intrépide, brillant, qui a toutes les chances de plaire aussi bien aux cœurs et aux esprits qu’aux pieds des danseurs.