Née le 26 mars 1944 dans la Motor City (Detroit, Michigan), berceau de la Tamla Motown, Diana Ross n’a que quinze ans lorsqu’elle est recrutée pour rejoindre Florence Ballard et Mary Wilson dans le trio vocal des Primettes, qui va vite devenir les Supremes. En 1960, le groupe enregistre pour le petit label Lu-Pine et signe chez Motown l’année suivante. Choriste, Diana prend les leads vocaux suite à une demande spécifique de Berry Gordy, qui a senti en elle l’ambition et le talent d’une vraie diva soul. Durant sept ans, Diana Ross garde ce rôle de leader suprême au sein du groupe, éclipsant Flo Ballard (qui connaîtra une fin tragique et solitaire).
A partir de 1967, le nom complet de Diana Ross apparaît avant celui des Supremes et les rumeurs sur sa liaison avec Gordy vont bon train.
Le groupe se sépare en 70 et Diana se lance dans une prévisible carrière solo dont l’un des premiers fleurons sera sa version du standard “Ain’t No Mountain High Enough “. En 71, son mariage avec un businessman fait taire les gorges chaudes, mais son divorce en 76 relance les spéculations. En 72, elle incarne Billie Holiday dans le film Lady Sings The Blues ; ce qui lui vaut une nomination aux Oscar. OSuite
n la retrouve sur le grand écran en 75 dans Mahogany et en 78 dans The Wiz, remake du Magicien D’Oz où elle incarne une Dorothy un peu mature (Michael Jackson joue à ses côtés).
En 73, elle sort un album de duos avec Marvin Gaye, “Diana & Marvin”, pour lequel certains affirment que les deux artistes ne se sont pas rencontrés. “Touch Me In The Morning” et “Theme From Mahogany” sont des hits somptueux et “Love Hangover”en 76 amène Diana vers les horizons disco. Bien décidée à ne pas se laisser enfermer dans une nostalgie R&B “golden age”, Diana Ross loue les services des tueurs rythmiques Nile Rodgers et Bernard Edwards de Chic pour Diana (1980), album qui la remet dans le contexte de son époque et contient des dancefloor killers comme “Upside Down”, “I’m Comin’Out”. “Endless Love” en duo avec Lionel Richie la replace dans un contexte plus classique mais sa liaison pittoresque avec Gene Simmons du groupe Kiss (le bassiste qui crache du sang sur scène) lui assure les colonnes des rubriques people. Diana Ross entretient depuis 1969 une relation parfois ambiguë avec Michael Jackson, qu’elle a aidé à émerger et qui lui a dédié en 1988 la chanson à double tranchant “Dirty Diana”. Elle quitte Motown en 81 et continue à sortir des albums de diva, réussissant parfois à frapper fort comme avec ce “Muscles” écrit pour elle sur mesure par Michael Jackson en 82.
En 86, alors qu’on dit qu’elle pourrait retrouver Berry Gordy et la maison Motown, elle épouse un armateur norvégien. Si la qualité des albums de Diana Ross est plutôt en chute libre depuis le début des années 90, sa présence et son aura restent suffisantes pour qu’on la considère toujours comme la diva éternelle qu’elle persiste à incarner, à 56 ans passés.