A Découvir: Gonjasufi (Warp): A Sufi & A Killer
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Suivre la masse est devenu une tendance musicale implicite ces derniers temps. Alors que d’aucuns en sont déjà à écrire la nécro de l’industrie musicale, un grand nombre d’ “artistes” recherchent les moindres miettes de succès commercial. Ainsi, il semble que les vraies anomalies artistiques se trouvent en dehors de cette masse…
Si vous lisez ceci et que vous n’avez pas encore écouté découvert la musique de Gonjasufi, le mieux serait d’écouter A Sufi & A Killer maintenant, car aucun mot ne saurait transmettre la profondeur extraordinaire et l’étrangeté de cet album. Néanmoins, soyez prévenus, écouter sa musique amène autant de questions que de réponses sur Sumach, le chanteur.
“ Gonjasufi est plus religieux… c’est ma musique de prière, ma musique de culte. Sumach, c’est plus mon côté tueur – descendant la rue avec un pistolet à la ceinture.”
Free Mp3:
http://warp.net/records/gonjasufi/player/audio/ancestors-dl
http://warp.net/records/gonjasufi/player/audio/candylane
http://warp.net/records/gonjasufi/player/audio/holidays
Les premières sonorités mettent l’auditeur en condition, avec un savant mélange d’accords défigurés de soul psychédélique, de hip hop réanimé et d’ombres de musiques venues de si nombreux pays qu’il paraît vain de tous les citer – un ensemble d’influences formant ‘corpus’ de musiques remises au goût du jour. Plus vous l’écoutez, plus vous réalisez que c’est le seul endroit où ces chansons peuvent exister… exactement là où elles sont. Les premiers coups de poignard de la voix de Gonjasufi sur ‘Kobwebz’ semblent vaciller du côté obscur, comme s’ils émanaient d’une trance profonde, mais ils ne tardent pas à dévoiler un aspect bien plus énigmatique.
“I came with hearts while you came with weapons / I came with God whom you are forgetting / don’t aim your problems in this direction / don’t blame Allah for your misconception”- Kobwebz
Ce qui frappe dès les premiers titres sur A Sufi & A Killer, c’est que la personnalité du créateur de cette musique ne sera pas facile à définir, à décrypter. Une voix de la rue c’est certain, mais aussi d’une origine beaucoup plus mystique. Elle a un pouvoir yogique indiscutable, qui rend esclave de son art. Gonjasufi est un enfant de la mer comme du désert, mais aussi un père attentionné.
Au milieu des années 2000, le jeune DJ et producteur californien Gaslamp Killer a pris contact avec Sumach lorsqu’il a entendu les premières chansons de Gonjasufi, autoproduites et encore à l’état embryonnaire. En déclenchant la flamme collaborative à l’origine de l’album A Sufi & A Killer, cela a permis à Gonjasufi de sortir de son rude Nevada et de découvrir la communauté musicale naissante de Los Angeles, dont certains associés de J Dilla, à savoir Mainframe et AJDM. Des rencontres parfaites pour les sensibilités musicales de Gonjasufi…
“Je recherchais vraiment un son analogique. Je ne voulais pas d’ordinateur, je voulais le minimum de puces impliquées.”
Quand les sessions avec Mainframe et The Gaslamp Killer ont été lancées, Sumach s’est lié avec un autre jeune ‘Los Angelino’ chez qui sa musique avait trouvé écho – une star naissante nommée Flying Lotus. Cette rencontre d’esprits a vu naître non seulement le brillant ‘Testament’ issu du désormais classique Los Angeles de Flying Lotus, mais aussi l’épique ‘Ancestors’. Durant le long processus de création de l’album, Sumach s’est plongé dans l’introspection pour puiser dans l’expérience d’une vie et faire rejaillir la dualité de son existence en tant que Gonjasufi.
“Pour arriver à cette conviction derrière les mots, ça m’a pris 30 ans de frustrations et de désespoir…des tests de foi continuels. Une lutte de tous les jours, vous savez. Une énergie réprimée, qui tout à coup a trouvé le parfait moyen pour s’exprimer… Elle a continué. Et depuis elle s’écoule continuellement, vous voyez ?”
Aucun doute, il y a de nombreuses choses à découvrir dans les chansons de Gonjasufi, et selon leur nature, les auditeurs spéculeront et commenteront tant sur The Sufi que The Killer, mais il restera encore des choses à révéler sur Gonjasufi et sa musique. Comme tout baigne de manière équilibrée dans la lumière et l’ombre, dans le négatif et le positif, dans le paradis et l’enfer, cela demandera bien plus qu’une simple observation.
“La partie simple est de l’exprimer. Le plus dur c’est de la gérer, gérer ce que je dois traverser pour réussir à sortir… les mots. Si je ne l’avais pas vécu et si je n’en faisais pas l’expérience, alors cette énergie ne sortirait pas comme elle le fait.
J’espère que les gens qui font l’expérience des mêmes émotions que moi… j’espère que c’est un moyen pour eux de canaliser leur énergie, et de réaliser qu’il y a de l’espoir, qu’il y a un moyen d’utiliser à bon escient ces choses soi-disant négatives qui se passent dans leur vie, et les changer en quelque chose de positif.”
Sortie de A Sufi & A Killer pour le 8 mars 2010.
Mots-clés : Flying Lotus, Gonjasufi, Sumach, Warp
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